17 juin 2010
La déontologie journalistique est faite de grands principes et plus encore de mises en œuvre quotidiennes, concrètes, au fil des choix rédactionnels. L’Abécédaire que l’Agence France Presse (AFP) vient de publier le démontre une fois de plus, si besoin en est.

Certes, le sous-titre de l’ouvrage, « Comment l’agence informe sur le monde », peut laisser croire que seuls les collaborateurs de l’AFP y trouveront intérêt. Et il est vrai qu’un certain nombre de questions abordées, comme la hiérarchie et la chronologie des types de dépêches, ne sont qu’à usage interne. Mais nombre de points soulevés servent de piqûres de rappel utiles à tous, même hors AFP. Des questions purement techniques, mais aussi certains principes déontologiques souvent malmenés, comme le rejet des rumeurs, le refus des images dégradantes des personnes, ou encore l’exigence, pour un journaliste, de s’identifier face à ses interlocuteurs. Ces règles connaissent des exceptions, mais celles-ci doivent rester… exceptionnelles, et justifiables.

Picorons au hasard (enfin, presque !) au fil des pages. P. 96, Invitations : « Si on vous offre quelque chose, posez-vous la question de savoir si vous ne risquez pas de payer un jour d’une manière ou d’une autre. » P. 109, Mineurs : « Lorsque le nom des parents est connu parce qu’ils sont arrêtés, poursuivis ou jugés, les prénoms des enfants ne doivent pas être donnés. » P. 137, Publicité : « il convient d’éviter sur nos fils toute présentation de produit ou de service qui puisse faire croire que l’Agence en favorise la commercialisation. » Des évidences inutiles à rappeler ? En théorie, oui. Mais combien d’affirmations qui vont sans dire vont encore bien mieux en les disant ?

Abécédaire de l’AFP. Comment l’Agence informe sur le monde, Agence France Presse, Victoires Editions, 2010, 243 p., 19 €.